mardi 9 novembre 2010

iTopTen

Certains le savent, beaucoup le savent, même... Depuis plusieurs semaines euh non, depuis plusieurs mois, j'envisage de m'acheter un iPhone.

L'investissement étant plus proche que jamais, je commence déjà à penser à un détail essentiel : quelles sont les applis à avoir ? Celles qui peuvent sauver la vie en deux clics, celles qui font la pluie et le beau temps, celles qui donnent les scoops avant même l'événement, celles qui...

N'ayant que moyennement envie de passer des heures parmi les 250 000 applications que compte l'Apple Store, je vous laisse partager vos 5 (ou 10)(ou 15) applications favorites, indispensables, préférées, celles dont vous ne vous passeriez pour rien au monde, qu'elles soient mondialement connues ou dénichées par hasard...


A vous !!


PS : je ne compte pas les jeux dans les applis, un autre iTopTen sera organisé spécialement :o)

jeudi 16 septembre 2010

Problème existentiel

Pouvoir à nouveau attacher ses cheveux, après presque 10 ans sans couettes/nattes/tresses, c'est assez cool.

Mais ça occasionne des troubles fondamentaux dès le matin : faire deux couettes égales, quand on ne voit pas ce qu'on fait, si les cheveux sont bien séparés, si elles sont bien à la même hauteur, tout ça...
Et ben c'est vraiment difficile et perturbant.




*c'était le post girly de l'année*

mercredi 11 août 2010

Fête des voisins, épisode 1.

En sortant du bus tout à l'heure je me suis dit qu'il fallait que je relève le courrier dans la boîte aux lettres familiales.

J'arrive chez moi, et, devant les boîtes aux lettres, je m'aperçois que 4 enveloppes avaient été coincées par le facteur, parce que ne correspondant à aucune boîte.

Je prends les enveloppes, et je les mets dans la boîte avec le nom correspondant, écrit sur un bout de papier scotché... Avant de me rendre compte que cette boîte était en fait la nôtre.


Les voisins, un bonheur de tous les instants.

samedi 10 juillet 2010

De l'air chaud dans les hauteurs

Le problème avec les mezzanines ou autres espaces en hauteur en intérieur, c'est que l'air chaud monte et y stagne. Il y stagne, longtemps, s'y réchauffe encore un peu, circule. Il se reproduit, l'air chaud.


Le bureau dans lequel je travaille est surnommé la Mezzanine. Pour cause, il est situé juste au-dessus de la librairie, on y accède par un escalier un peu caché.
Et cette Mezzanine n'a pas de plafond normal.
Non non, cette Mezzanine a une verrière.
Intégralement, une verrière.
Et pour seule fenêtre, il y a un petit hublot carré de 20cm sur 20.

Autant dire qu'avec les températures parisiennes, cette belle verrière joue le rôle adorable de serre, et nous cuisons doucement mais sûrement.


J'en suis à boire 3 litres d'eau par jour, et à bosser en lunettes de soleil.


Qui a dit vacances ?

vendredi 28 mai 2010

C'est la crise !!

Résumé des épisodes précédents...

Une grande décision, un vide soudain (et des amis pour combler tout ça), puis du stress estudiantin atténué par d'autres amis (par une autre amie, plus exactement), auquel s'est ajouté un stress salarial (merci à la petite Dodo pour les blagues, la musique, le reste).



Et là, comme s'il fallait un bouc émissaire, quelque chose pour déchaîner toute la colère et l'énervement et l'incompréhension et le ras-le-bol, là, il y a eu ce besoin de mini-révolution. Mini-révolution dont la première pierre a été posée ce soir, par un long et courageux mail. Mini-révolution qui n'a que trop attendu, mini-révolution qui a mis du temps à se faire accepter.


Attendons de voir comment les choses se mettent en place, comment les gens réagissent, comment tout se transforme sans faire de gros scandale.
Espérons en tout cas que quelque chose de bien sortira de tout ce bordel, que ma Ventoline et ma crème anti-eczéma restent au placard. Y'en a marre à la fin !!




dimanche 18 avril 2010

The Turtle's Warrior

J'avais parlé de Wisconsin il y a quelques temps. Je l'ai fini, depuis.
C'est un beau roman, un très beau roman américain.


Une communauté, une famille, puis un couple, et les personnages qui composent tout cela, et leurs voyages, erreurs, troubles. Une évolution lente mais inexorable, un changement contre lequel on se bat, un animal apeuré qui se fige, des instants fugaces ou rejoués en boucle, des non-dits trop bruyants, des cris intérieurs.


Il m'est rarement arrivé de pleurer à la lecture d'une œuvre. Wisconsin est une œuvre, une œuvre belle et tendre avec son histoire, douce et amère, banale et essentielle.

On se sent étrangement fort en lisant ces mots. Invicible, plus courageux que tout, résistant au quotidien gris, espérant une silhouette dans la brume, s'arrêtant un instant pour penser aux morts et aux vivants.
Peu importe les larmes matinales déclenchées par l'histoire de la famille Lucas et des Morrisson. Peu importe les larmes...



lundi 5 avril 2010

(un)Happy ending(s)

J'ai pris une grande décision, voilà bientôt une semaine.
Plus de larmes, plus d'angoisse, plus d'inquiétudes. Life's too short for these.
J'ai l'impression d'être en cure de désintox. Ça passera.


Parfois, je me dis que la vie serait vraiment vraiment marrante si l'on pouvait se mettre à chanter et danser pour une petite contrariété, une grande émotion, ce genre de choses.

Vivre une vie à la Demy, ou à la Glee, sans paillettes mais avec des belles robes, des petits talons qui font du bruit sur la scène, des couleurs de partout et de la joie. Ça serait vraiment pas mal !



Tink, danseuse au bout du monde, parle très bien de Glee (et d'autres choses jolies et colorées).

lundi 1 mars 2010

Again and again and again...

Let someone else talk for me, for once...

It's cloudy out in Pittsburgh
It's rainin' in Saigon
Snow's fallin' all across the Michigan line
Well she sits by the light of her Christmas tree
With the radio softly on
Thinkin' how a good man is so hard to find

Well once she had a fella
Once she was somebody's girl
And she gave all she had that one last time
Now there's a little girl asleep in the back room
She's gonna have to tell about the meanness in this world
And how a good man is so hard to find

Well there's pictures on the table by her bed
Him in his dress greens and her in her wedding white
She remembers how the world was the day he left
And now how that world is dead
And a good man is so hard to find

She got no time now for Casanovas
Yeah those days are gone
She don't want that anymore, she's made up her mind
Just somebody to hold her
As the night gets on
When a good man is so hard to find

Well she shuts off the TV
And without a word
Into bed she climbs
Well she thinks how it was all so wasted
And how expendable their dreams all were
When a good man was so hard to find
Well it's cloudy out in Pittsburgh



It's cloudy in Paris, too. And it makes me sick. Real sick.

mardi 5 janvier 2010

... and nothing less !

Les amis, je vous souhaite une année 2010 belle et ensoleillée comme ça :


Des bonheurs petits et grands, jaunes bleus verts ou rose, qu'on attend pendant des mois ou incroyablement surprenants.
Du bonheur et encore du bonheur...


... parce qu'on en a jamais assez !! ^^

mardi 20 octobre 2009

Dépoussiérage automnal

Le dernier message posté ici bas n'a que 3 mois...

J'en parlais récemment avec quelqu'un qui tient son blog à jour... J'ai des idées de textes, des phrases qui surgissent, des mots qui s'assemblent l'air de rien et font sens, virgule après virgule. Mais je ne prends que trop rarement le temps de donner corps à tout cela, d'arrêter le temps juste pour quelques instants, quelques précieux instants...

Ce n'est pas l'envie qui manque, ni le temps en fait, car il y a en fait 4 heures chaque semaine que je passe à m'ennuyer en écoutant un quelconque universitaire déblatérer inutilement.
Mais une fois posés sur le papier, les mots me semblent insignifiants, inutiles eux aussi.


Je ne suis cependant pas de ceux qui annoncent haut et fort que c'est fini, ils abandonnent le navire pour un ailleurs moins virtuel . Mais il est vrai que je m'interroge sur ces petites pages...

vendredi 24 juillet 2009

Powerless and almighty

Un mois de juillet chaud et agréable, empli d'émotions diverses et compliquées. Bonheur d'être où on est, de faire ce qu'on fait. Profiter de chaque instant comme si c'était le dernier, vite vite, profiter de tous et de chacun, profiter de tout.
Et une fois ce dernier instant arrivé, essayer de ne pas regarder en arrière, se dire qu'on a fait ce qu'on a pu, aussi bien qu'on a pu. Profiter de ce dernier instant malgré les larmes sur les visages, et malgré les larmes refoulées, à l'intérieur, très profond.

Se souvenir des sourires ensoleillés de ces dix jours, des rires irrépressibles, des rencontres et des découvertes inoubliables. Se souvenir de ça, et aller de l'avant.


Dix jours à parler, parler beaucoup de ce qui est important et difficile, aussi. Parler avec le jeune L., un peu trop perdu à son goût. Parler et se retrouver presque 10 ans en arrière, avec le constat douloureux de ceux qui grandissent trop vite. Comprendre soudainement que les modèles ne sont pas invicibles, que le temps passe, vite vite, comprendre qu'hier on était enfant et aujourd'hui on est autre chose, un être incertain et déboussolé. Parler pour que toutes ces choses comprises ne soient pas si graves, pas si douloureuses.
Aider les larmes à couler tant qu'il y a quelqu'un pour s'assurer qu'elles seront vite essuyées. Aider les larmes à couler pour que les sourires reviennent, aussi.


Comprendre qu'on est là pour ça aussi, pour grandir et faire grandir, être forte devant ces questionnements.

Et puis, le dernier soir, pleurer doucement, seule, en regardant les lumières de la petite foule au loin. Pleurer de joie et de bonheur, devant tout ce qui a été fait, et pleurer de douce amertume, car le dernier instant est là.

vendredi 6 mars 2009

Dépoussiérage

C'est à la mode en ce moment, le mode aléatoire qui se met à vouloir dire quelque chose. C'est assez drôle la plupart du temps, parfois un peu vrai aussi...
Et comme je n'ai aucune inspiration ces derniers temps (oui oui, rien en six mois, je sais), allons-y.
Je précise que j'ai mis en aléatoire parmi les morceaux préférés, afin de réduire le choix (parce que bon, entre 4586 morceaux, hein...).


Comment vous sentez-vous aujourd'hui?

Let that be enough (Switchfoot).
Oui, tout à fait ça... La coupe est pleine n'en jetez plus.
Mais malgré tout, belle journée, le retour du printemps, parfaite chanson pour ça.


Comment les autres vous voient?

Frolicsome Finale-Prestissimo Con Fuoco (Benjamin Britten).
Oula. Euh... Ouais...


Quelle est l'histoire de votre vie?

Running (Jason Mraz).
Running, pas à proprement parler, non. Mais active oui, sans doutes... Trop même, parfois.


Quelle chanson pour votre enterrement?

Ironic (Alanis Morrissette).
Ah bah ça...


Comment allez-vous de l'avant dans la vie?

Here You Come Again (Dolly Parton).
Ou comment je vais en arrière dans la vie, merveilleuse illustration.


Comment être encore plus heureux dans la vie?

An Unwelcomed Friend (Philip Glass).
Ah euh... A welcomed friend ça fonctionne de la même façon. C'est beaucoup plus fréquent, aussi.


Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée dans la vie?

Hey Me, Hey Mama (Ray LaMontagne).
Ah? Well... Bon... Peut-être, après tout.


Pour décrire ce qui vous ravit?

Going Back (Tracy Chapman).
*nonsense*


Votre boulot, pour vous, c'est?

Hey Love (Jason Mraz).
Actually love, yes.


Que devriez vous dire à votre boss?

New Frontier (Counting Crows).
Et comme j'ai pas de boss... :o)


Pour vous l'amour c'est?

Born in the USA (Bruce Springsteen, bien sûr).
Ah ah. Je vais migrer donc. Ou alors c'est du symbolique... *va checker ses contacts*


Pour vous, la sexualité ça doit être

Xavier (Dead Can Dance).
Spooky. Pas vrai du tout, pour le coup...


Bloguer, pour vous, c'est?

Le Vent Nous Portera (Noir Désir).
J'aime cette réponse, tiens. Oui, j'aime beaucoup.


Voilààààààààà... Ça vient d'Arnotte, belge fort sympathique qui n'arrive pas à me lire (no hard feelings, though).

mardi 16 septembre 2008

Heaven and Hell...

On a golden cloud,
dreaming of past times, smiling.
Future lasts for ever.

A round light rises
and shines among the big trees
in this dark forest,
you laughed and were happy ;
that’s what I tried to be, too.

Dull music, boring
life. Escape is near, now.
Stillness, calm. It comes.





No real inspiration these days...

lundi 1 septembre 2008

Unknown Smile ?

Les nuages, gris, s'amoncèlent. Il a plu, ou il va pleuvoir. Ce n'est pas grave, tout va bien.
Le soleil brille, derrière, quelque part, suffisamment pour réchauffer les tristes murs de la ville, et les âmes perdues qui s'y promènent.

Un sourire, soudain, qui change tout ou presque. Un nouvel espoir, le sentiment que quelque chose peut arriver, enfin. N'importe quoi lui irait. C'est ce qu'il pense, au fond. Quoi que ce soit, ce serait mieux. Ça serait réel, vrai, et peut-être alors existerait-il.
Un regard, insistant, indiscret, tellement appuyé qu'il en devient gênant, désagréable. Et pourquoi? Il n'y a rien d'intéressant, ici. La vie est là, mais prise au piège. Contrôlée, gérée, pour être comme il faut. Ça ne veut rien dire, tout ça.

Il faudrait de l'espoir. Un fol espoir, involontaire, soudain, inattendu aussi. Alors, les choses changeraient sans doute. Il se demande comment elles changeraient, ce que ça deviendrait, tout ça. Sa vie. Un ersatz d'existence, un simulacre ridicule. Il veut que ça change, il ne veut que ça. Mais c'est compliqué, de décider quelque chose, de choisir vraiment. Il est plus simple de rester là, dans l'attente irraisonnée d'un changement qui n'arrivera pas.


Son problème est qu'il ne sait ce qui arrivera. Il ne fera rien, en fait. Il restera là, s'accomodera de ce sourire agréable et de ce regard déplacé. Et tout continuera, comme avant.

Absences estivales

Quelques rayons de soleil glanés ici ou là, de jolies rencontres et des retrouvailles, plusieurs étapes plus ou moins réussies, et de belles photos en souvenir...

Et avec cette rentrée maussade, la promesse que peut-être, peut-être plus de textes seront postés ici.

mercredi 18 juin 2008

Living City

She is sitting on this 2-feet high wall, built with red bricks and partially in ruins. From this well located spot, she can see the four crossing streets. On her right-hand side are Glum Street and Chalk Street. The sun rises from Chalk St every morning at 6. She loves this sight : the sleeping town shining with a new light. Life starts again from that very precise moment : workers leave their houses, mothers make breakfast, open the windows to air the bedrooms… Soon, she can hear children laughing as they go to school.
At the end of Chalk St, there is a sportground. No one goes there before the afternoon. Teenagers are lazy, nowadays. But they all arrive at the same time, around 3. She likes the sound made by their boards as they slide on the benches and on the edge of the pavement. There is a basket-ball court, too, chich once was a tennis ball court. It has been replaced a few years ago.

On Glum St, there are small houses inhabitated mainly by poor families. Women have to work a lot and to raise their children at the same time, it’s not easy. She often hears one crying baby. She knows he is raised by his father, a silent and angry man who lost his wife at the birth of the child. In their neighbours’ house, two little girls take care of the housework while their mum is working. She loves their ritual : cleaning the kitchen, washing the floors, making the beds, and eventually taking off yesterday’s page of the calendar. Then, one takes the old guitar and plays some music while the other dances.
On her left-hand side are Dean St and Maroon St. She loves Dean St, because of the name and because there are nice and wealthy people living on this street. These people are always in a hurry : in the morning, late for work ; in the evenings, late for the goodnight kiss to their children… She doesn’t know how they can live properly. For now, most of the houses are echoing with laughter, for parents didn’t go to work : it’s a holiday today. She loves being here and watching. She can hear Old Tom climbing the ladder.

“Hello you !”
”Hello beautiful ! What’s going on today ?”
“Not much. It seems that Henry still didn’t figure how to make his poor son quiet. Lily and Rose have done the cleaning. Lily knows some new steps, I think.”
“Oh, great…”. Old Tom pauses for a few seconds, just to admire the sight too.
She goes on, telling him about the wonderful lives of these people, down there. He is quietly listening to her joyous chatting. At some point, she stops and looks at him. Her hand touches his cheek, just in time to catch a droping tear.
“What’s going on ?”
“Nothing, really. It’s allright.”
She moves closer, to see his face properly. She notices a large bruise under his right eye. He wiped the blood away, but it still can be seen. She feels sad and sorry for him.
“What happened to you ?”
“Nothing, really. Nothing at all. Really… Life…”

mercredi 28 mai 2008

6 milliards d'éphémères?

Ecoutez, Ô mortels,
le destin de ces os
que l’on croyait à l’eau,
et pour l’éternité !
Soudain ressuscités,
ils sont morts de plus belle.

Profitant d’une brise
près du fleuve apaisé,
le promeneur blasé
trébucha sur une bosse.
De tomber sur cet os
quelle ne fut sa surprise !

Bien triste devenir,
pour ces ossements-là!
Jadis articulés,
à présent décharnés...
Autrement qu'en amas
ils auraient pu finir.

Ils étaient là, jouant
à l'ombre d'un chêne liège.
Mais l'eau soudain montée
les ayant pris au piège,
les frêles corps emportés
disparurent des vivants.

Et pendant des années,
de boue et de poussière,
ces enfants de misère,
sans cesse, furent recouverts.
Dans leurs tombeaux de terre,
là, ils ont demeuré.

Posés sur le linceul,
ils attendirent encore
qu’on reconnaisse les corps.
Quand enfin ce fut fait,
rien n'était arrangé!
Et ils restèrent là, seuls.

Ces victimes ensevelies
mirent Le Monde en émoi.
La police rechercha
le coupable longuement.
Seul responsable : le temps,
de leur chute dans l'oubli.

Impossible il est vrai
de punir telle force
dont la grandeur retorse
fait bien naitre, ou mourir.
Mais le juge d’en finir,
remuant le passé.

Abandonnant l’enquête,
il resta désolé :
Quatre corps entiers !
C’était trop pour les os,
deux crânes faisant défaut.
A en perdre la tête…

Enfin ! On les fit choir
dans leur dernière demeure.
Etaient-ils frères, ou sœurs ?
Nul ne le sut jamais,
mais sereins, ils dormaient,
même sans au revoir.

jeudi 8 mai 2008

Apocalypse(s)



Horizon trouble, point fixe au loin, but inatteignable. Faut-il se battre pour chaque chose, pour chaque moment?

Qu'en restera-t-il au final, de toute cette énergie, de cette volonté? Quelques octets sur un lointain serveur, quelques émotions ressenties par d'éventuels lecteurs, un soulagement relatif et temporaire?


Il est tellement facile de vouloir oublier, sans chercher à apprendre de ses erreurs. Plus facile d'oublier que de comprendre, plus facile d'oublier que d'évoluer, plus facile d'oublier que de vivre.

Il ne restera rien, au final. Et c'est sans doute très bien ainsi.

vendredi 25 avril 2008

Sans issue?

Il était debout, et il savait qu'il sortirait bientôt. On lui avait dit que c'était possible, mais c'est avec réticence qu'il s'était décidé.
Avant de sortir, il se souvenait des choses réconfortantes qu'on lui avait dites. On venait souvent. D'abord, il entendait la porte qu'on ouvrait. Il ne voyait pas tout cela, parce qu'il tournait le dos à la porte. Cela lui rappelait de trop mauvais souvenirs. Certains hantaient encore son esprit. Les autres étaient presque oubliés.
Après la porte, il y avait le bruit d'une chaise qu'on déplace, puis le silence et la voix monotone qui récitait un discours où se répétaient sans cesse les mêmes recommandations et les mêmes conseils sur sa future sortie.
Grâce à ces paroles ennuyeuses, il n'avait plus peur, et il osait enfin sortir.
Il se retourna, ouvrit la porte et resta sur le seuil, pour habituer ses yeux à la clarté du soleil.
Il était fier de pouvoir enfin sortir, et de surmonter une peur qui était presque viscérale, après ces longs moments passés dans la chambre blanche et stérile.
Il observait les rues, et les revoyait, comme la dernière fois. Elles avaient peu changé.
Il passait le pas de la porte et se rendit compte de son impatience et de son anxiété. D'une certaine façon, ce monde-là lui avait manqué.
Il avançait dans la rue principale. Une plaque indiquait son nom : rue Pascal. Il remarqua une maison, sur sa droite, le n°28. La façade était recouverte de lierre, et par-dessus le mur, on voyait un chèvrefeuille blanc en fleurs. Sur le sol, il remarqua un petit tapis de pensées. L'idée qu'il y ait des lierres, des chèvrefeuilles et des pensées dans la rue Pascal le fit sourire. Il vit, à travers la grille, deux enfants sortir en riant. L'un tenait le cerf-volant, l'autre la longue ficelle, pour le faire voler. A ce moment-là, une énorme explosion lui brisa les tympans.
Avant de tomber, projeté par le choc, il vit les enfants, qui criaient. L'un deux, le plus âgé croyait-il, avait le visage ensanglanté. Ce fut la dernière chose qu'il vit, avant de fermer les yeux. Il s'allongea sur le sol, pour reprendre sa respiration.
Quand il rouvrit les yeux, il vit le cerf-volant s'envoler, haut dans le ciel.
La ficelle était rompue.
Doucement, il s'assit, puis il se releva. Il entendait toujours le cri des enfants, qui faiblissait, qui s'atténuait, peu à peu. Il se retourna et commença à marcher.
Il atteignit la porte, et pensa qu'il lui faudrait beaucoup de temps pour la franchir à nouveau.
Au fond, peut-être devait-il rester dans la pièce éternellement.
Il entra, puis reprit sa position, face au mur, dos à la porte.
Il attendait qu'on revienne.
Sa blessure s'était rouverte, et, comme la corde du cerf-volant, son envie de sortir s'était brisée.
Il devrait patienter encore longtemps.

mercredi 23 avril 2008

Silencieux flocons.

On entendait tomber la neige. Sur les hauts sapins verdoyants et la prairie glacée, les flocons blancs se posaient délicatement, manteau virginal et meurtrier. Le vieux monsieur contemplait ce paysage familier, fabuleux. La buée sur la vitre l’empêchait de bien voir, alors, avec sa manche, il essuya le verre.


Un groupe de gens s’approchait de la jolie maison, à droite de la colline. Elle était belle, cette maison, un vrai chalet suisse dont même le toit était en bois ! Il y avait une bordure sculptée pour cacher la gouttière, et s’il faisait assez froid, la neige formait de petites stalactites de glace. Des étincelles gelées tombaient alors sur le tapis immaculé, le creusant un peu plus à chaque fois.
Quand les jours devenaient plus courts, les nuits se faisaient plus froides, les nuages cachaient le soleil de l’aurore au crépuscule. Il n’y avait plus rien à faire dehors, alors il restait à l’intérieur, près du poêle, enveloppé dans sa couverture de laine. Et il était bien, dans sa petite cabane, il vivait comme il l’entendait. Seul.
Il dormait beaucoup, mangeait peu, observait les alentours. Il n’y avait que peu de passage, surtout en hiver. Quelques chasseurs s’arrêtant une nuit ou deux, des randonneurs qui passaient par là…
Il sortit de sa rêverie pour regarder le groupe avancer prudemment. Il remarqua deux enfants, affairés à faire un bonhomme de neige. La petite fille, tache rouge et remuante, ramassait de petits morceaux de bois, pour les bras, les yeux… Le garçon, probablement plus âgé, s’occupait de constituer la tête du bonhomme. Cette frénésie à créer une chose aussi éphémère l’émut profondément.

Il se souvint de ce jour ensoleillé, il y a cinquante ans de cela. Lui aussi, alors, était chargé du corps du bonhomme de neige. Et une petite fille, vêtue de violet, ramassait elle aussi quelques brindilles, pommes de pin et bout d’écorce, qui seraient bientôt les yeux, les poches, les boutons du costume de ce monsieur de neige, le dernier de la saison, peut-être.
Ce n’était pas facile, de savoir si la neige tiendrait longtemps ou non. Il fallait bien doser la taille du bonhomme, la proportion entre la tête et les deux parties du corps. Si le froid continuait, alors le bonhomme resterait intact. Il y arrivait plutôt bien, en général.
La neige était tombée toute la nuit, mais à présent le soleil froid régnait sur la campagne blanchie. Il avait bientôt fini, il ne manquait plus que la tête. La petite pourrait achever leur belle réalisation. Il recula un peu, pour contempler le bonhomme. Il était vraiment réussi, celui-là !
Il se retourna, pour voir où en était sa sœur dans sa recherche d’accessoires et de décorations. Il ne l’aperçut pas, et pensa qu’elle était entrée dans le petit bois. Là-bas, elle trouverait à coup sur ce qu’elle cherchait.
La petite fille était en effet entrée dans le bois, et elle y avait trouvé nombre de merveilles : une pomme de pin, quelques baies rouges, de gros morceaux d’écorce de bouleau… Elle avait même trouvé un edelweiss !
Elle était ensuite ressortie du bois, espérant trouver deux jolis branchages, pour les bras. C’était important que le bonhomme ait des bras, pour y accrocher un panier avec les graines pour les oiseaux, ou peut-être quelques décorations pour Noël.
Elle scrutait attentivement le sous-bois, même si sur la neige, le bois sombre se voyait assez vite. Elle avait cependant remarqué, en contrebas, un petit tas de bois. Là, elle trouverait !
Elle était descendue doucement, prudemment. La neige n’était pas givrée, donc ça ne glissait pas trop. Plus elle s’approchait, plus elle en était sure : elle avait tous les éléments, cette fois.
Arrivée à la petite pile de bois, elle se mit à détailler une par une les bûchettes : les bras ne devaient être ni trop gros, ni trop lourds, ni trop longs, avec une fourche qui formerait les mains, et pas de feuilles parce qu’elle n’aimait pas les enlever.
Enfin, les voilà ! Elle prit les deux branches dans ses bras, s’assura qu’elle n’avait rien perdu de ses merveilles, et se releva. Elle ne pensait pas que les branches seraient aussi lourdes, et, déséquilibrée, elle tomba.

C’est là qu’il l’avait trouvée, entourée de fleurs et de trésors. Il était resté là un long moment, ne sachant que faire exactement. L’urgence de la situation lui échappait ; la vivacité, immobile à présent, le fascinait.
Il resta là longtemps, en haut de la colline. Quand la neige se remit à tomber doucement, il descendit. Il ramassa les quelques décorations, prit la petite fille dans ses bras, et remonta calmement la pente.


La petite fille en rouge avait fait une couronne, qu’elle posa fièrement sur la tête du bonhomme. Il avait des yeux, des lunettes, un nez, deux bras, une écharpe, et surtout une couronne. Satisfaits, ils rentrèrent dans la jolie maison de bois.
Le vieux monsieur les regarda disparaître dans la chaleur et le confort. Une brise soufflait sur la plaine. Le bonhomme tiendrait sans doute un jour ou deux. Il était beau, ce bonhomme.
Il y avait de la buée sur la vitre, alors, avec sa manche, il essuya. Puis il retourna la boule à neige, et les flocons se mirent à tomber sur le petit chalet de bois. Il les entendait tomber.